« En Côte d’Ivoire, 2/3 des personnes vivant avec le VIH sont des femmes et elles font face à de nombreux défis », alerte ONUSIDA à un moment où la riposte sanitaire contre le VIH SIDA traverse une crise de restriction budgétaire due à la suspension de l’aide des Etats-Unis.
Selon le Spectrum 2023, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et le SIDA en Côte d’Ivoire s’estiment à 407 595 en fin 2022 dont, 20 981 enfants et 386 614 adultes. Ce fléau du VIH SIDA touche à 66% des femmes, soit 270 405 cas de femmes infectées.
Les urgences en matière de droit de la femme sautent aux yeux et celles-ci constituent des défis existentiels. Trente ans après la mise en place du Conseil des Organisations de Lutte contre le SIDA et les autres pandémies en Côte d’Ivoire, « la suspension de l’aide des Etats-Unis impacte durement la Côte d’Ivoire », confie ONUSIDA. L’état des lieux de la résilience sanitaire, de la prospective et des facteurs de contamination, notamment la propagation de la prostitution recommandent un meilleur leadership.
Par tranche d’âge, les nouvelles infections VIH montrent à quel point les jeunes filles endurent ce fléau sanitaire en plus des diverses formes de violences. Cette grande exposition à la contagion au VIH SIDA peut aussi constituer un facteur de résurgence de la maladie après la suspension de l’aide des États-Unis. En Côte d’Ivoire, 19% des nouvelles infections VIH sont des filles dont l’âge varie entre 15 ans et 24 ans. Par ailleurs, à partir de 25 ans les nouvelles infectées grimpent à 35 % de femmes.
Avec la généralisation de l’orpaillage clandestin, du trafic de stupéfiants et de la prostitution sur le territoire nationale, les incidences IST (Infections sexuellement transmissibles) les plus élevées sont observées dans les régions sanitaires Bafing(41,2‰), Worodougou (37,0‰) et Kabadougou (36,3‰). Dans la région du N’Zi, la ville de Dimbokro enregistre à elle seule 31 nouvelles infections sur un total de 64.
La sensibilisation au VIH et l’accès aux traitements se trouvent au cœur des droits de la femme. Hormis les amplificateurs des risques de contamination précités, plusieurs autres vulnérabilités comme l’excision, le droit de cuissage, les influences dans les sphères de pouvoirs et la vulnérabilité matérielle ou intellectuelle des femmes peuvent entraîner des contagions. Le District d’Abidjan représente 36% des PVVIH, soit 148 591 cas de personnes touchées par le VIH en Côte d’Ivoire.