Malgré la chute des demandes dans le secteur de la bijouterie, l’or attire au niveau mondial. Mais aussi en Côte d’Ivoire. Plusieurs types de chercheurs d’or engagent leurs revenus. En plus des investissements financiers, d’autres se lancent dans une fosse au péril de leur vie. Durant les vacances scolaires, les réseaux d’extraction aurifère accueillent à tombeaux ouverts des élèves.

La crise de la Covid-19 réduit la demande de barres et pièces à 17% et bien plus celle des bijoux qui baisse de 46%. Cependant, d’autres sollicitations sur les marchés boursiers concourent à une hausse mondiale du coût de l’or, jusqu’à atteindre le niveau record sur cette décennie. Ce mercredi 05 août 2020, l’or grimpe à 2.044,55 dollars. Loin des variations du dollar, la course au métal refuge se ressent aussi sur les sites d’extractions, dans l’espace CFA, de l’Uemoa.

Un pipeline de trafics d’humains descend depuis la frontière nord, Burkina et Mali, pour servir de main-d’œuvre. Seulement depuis le mois de juin, plus de vingt condamnations ont été prononcées à l’encontre d’orpailleurs clandestins. Le parc de la Comoé constitue une cible écosystémique de cette pratique nuisible à la vie humaine, malgré les finances engrangées.

De nombreux jeunes se jettent dans des fosses, attirés par l’argent. A Dimbokro, le décès d’un élève durant ces vacances scolaires vient d’être annoncé à son frère. Ce diplômé en quête d’emploi décent est par ailleurs un ancien orpailleur clandestin. Cette tragédie n’est pas la première du genre.

En Côte d’Ivoire, la production nationale de l’or augmente autant que les cours à l’échelle mondiale depuis 2011. Bien avant, une période de crise armée déclenchée en 2002 va favoriser l’exploitation illicite et périlleuse des terres du pays. Pourtant, en pleine campagne de reforestation.

Le dernier conseil des ministres tenu ce mercredi 05 août confirme « l’attribution d’un permis d’exploitation minière, valable pour l’or, à la société  LA MANCHA CÔTE D’IVOIRE SARL dans le département de Zouan-Hounien », comme rapporté par le gouvernement. Hormis ce titre minier d’une durée de sept(7) ans, un autre permis de recherche pour période de quatre(4) ans revient à la société Gold Ivoire Minerals SARL, cette fois pour des localités du nord, Kaniasso et Samatiguila.

Après une décennie de réformes consécutives, la production nationale officielle dépasse largement la barre de trente tonnes désormais. Cependant, de l’Indénié-djuablin à la région de la Mé, jusqu’aux zones ouest et nord, l’orpaillage clandestin et l’industrie aurifère légale rivalisent les richesses du pays au détriment des populations locales directement précarisées. Souvent, par coups de compensations pacotilles.