A l’égard des obstacles au droit de vote le long du processus électoral en Côte d’Ivoire, les droits de la femme risquent d’être édulcorés par le choix d’une classe politique majoritairement constituée d’hommes. Sur plus de 12 593 428 citoyennes et citoyens en âge d’exercer leur droit de vote, la liste provisoire électorale affiche 8,7 millions d’électeurs potentiels, dont de nombreux cas d’irrégularités qui occasionnent des doutes sur la qualité du scrutin, encore une fois.
« Il est de plus en plus clair et établi que le leadership des femmes dans les processus décisionnaires politiques les améliore », souligne ONU FEMMES. Cependant, la qualité et l’inclusivité du processus électoral contribuent au renforcement de la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques. Malheureusement, en Côte d’Ivoire les récentes élections ont été émaillées d’intimidations, d’exclusions et de violences gravissimes.
« Le taux d’analphabétisme est de 47% dont 2/3 sont des femmes. Cette disparité s’accentue en milieu rural », relève l’administration nationale, sauf que les campagnes pour promouvoir le droit de vote se programment sur de brèves durées et une grande partie des citoyens exerçant dans l’économie informelle se voit exclue par un modus operandi inadapté à leur réalité.
L’engouement et la volonté à exprimer leur droit de vote sautent aux yeux à chaque opération d’enrôlement sur la liste électorale en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, la Commission électorale montre plusieurs limites dans ses prestations depuis plusieurs années. En principe, celle-ci doit être au service des citoyens et rassurer sur la qualité des élections à chaque étape du processus électoral, jusqu’à la proclamation des résultats. Mais, son autodétermination ainsi que celui du Conseil constitutionnel demeurent un challenge.
Constater qu’il y a au moins quatre (4) millions de citoyens électeurs non inscrits sur la liste électorale entache l’efficacité de la Commission électorale dans l’exercice de son mandat. Le nombre de femmes, de jeunes et de potentiels candidats exclus par ce processus électoral affecte la confiance sociale et la légitimité de l’autorité publique.
A ce propos, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule : « les États parties au présent Pacte s’engagent à assurer le droit égal des hommes et des femmes de jouir de tous les droits civils et politiques énoncés dans le présent Pacte ». Ainsi, depuis l’enrôlement et l’attitude des membres de la Commission électorale indépendante (CEI), la qualité du processus électoral s’établit puis, elle permet de construire une relation productive entre chaque citoyen et son pays.
Les conditions de vote et l’ensemble du processus électoral démontrent l’attention avec laquelle l’autorité publique exprime sa redevabilité au peuple souverain, au-delà du sens du devoir face à l’histoire.
Voir en Côte d’Ivoire les personnes atteintes de handicap, les jeunes, les femmes et leurs enfants s’inscrire massivement sur la liste électorale ; ensuite accomplir leur droit de vote dans la sérénité, c’est possible et meilleur pour tous.
Voir un Président sortant accepter sa défaite ou un élu construire la cohésion sociale et non la corruption endémique, c’est possible et meilleur pour tous.
Dialoguer pour rompre avec ce cycle de violence et de gouvernance sans alternance en Côte d’Ivoire est à l’avantage de chaque politique. « On se bat pour que la Côte d’Ivoire soit libérée de la peur », déplore Tidjane Thiam, potentiel candidat à la présidentielle ivoirienne.
« La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote », rappelle la Déclaration Universelle des Droits de l’homme.